LE MAL AIGU DES MONTAGNES

dimanche 1er juin 2014
par  Consul Honoraire du Népal en France
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Le mal aigu des Montagnes et ses complications

Le "mal aigu des montagnes" touche presque toutes les personnes allant en haute altitude. En dessous de 3000 m il est très rare qu’une personne souffre de ce mal ; en effet il n’apparaît le plus souvent qu’à partir de 3500 m. Le "mal aigu des montagnes" est dû à un défaut d’oxygénation du cerveau consécutif à une mauvaise acclimatation. L’incidence du Mal Aigu des Montagnes est variable mais augmente très rapidement avec l’altitude. Elle est de 15 % à 2 000 mètres d’altitude, de 60 % à 4 000 m. Le Mal Aigu des Montagnes n’apparaît qu’après un délai de quelques heures en altitude. IIl régresse avec l’acclimatation et disparaît immédiatement à la descente. LES SYMPTÔMES Le Mal Aigu des Montagnes se manifeste par des maux de tête, des troubles digestifs (nausées, vomissements), une fatigue persistante au repos, une insomnie. Le "mal aigu des montagnes" peut avoir des conséquences mineures, qui ne sont toutefois pas à négliger. Les signes bénins apparents sont : 1 des maux de têtes, chez 59% des gens 2 une respiration courte, chez 59% des gens 3 des insomnies, chez 45% des gens 4 de la fatigue, chez 40% des gens 5 des nausées, chez 12% des gens Les conséquences de ce mal peuvent aussi être très graves. Les signes sont : 1 une diminution du volume des urines 2 l’apparition d’oedèmes (gonflement) qui sont souvent localisés aux yeux, à la face, aux mains, aux chevilles. Ces oedèmes peuvent être très graves et parfois même mortels. A une altitude élevée (4 000m - 5 000m), un oedème Pulmonaire de Haute Altitude peut survenir brutalement au cours des deux premières nuits. Le malade est pris de quinte de toux, crache, et s’essouffle avec une sensation d’étouffement. Bien souvent on note une fièvre à 38°5, ce qui évoque à tort un état infectieux pulmonaire. L’état peut rapidement s’aggraver avec l’apparition d’une cyanose des lèvres et des oreilles, et des crachats rouges (de sang) précédent le coma. A une altitude supérieure (5 000 - 5 500 m), Mal Aigu des Montagnes peut se compliquer d’un oedème Cérébral de Haute Altitude qui débute par des modifications de l’humeur et du comportement, ou par des maux de tête insupportables et des vertiges. Les troubles de la vue, les vomissements en jet précèdent le coma qui est fatal si le malade n’est pas immédiatement redescendu à une altitude plus basse. LE TRAITEMENT Le Mal Aigu des Montagnes régresse avec l’acclimatation et disparaît immédiatement à la descente. Certains médicaments (inhibiteurs calciques) améliorent l’état du blessé et lui permettent de perdre rapidement de l’altitude. La conduite à tenir lorsqu’on est atteint du "mal aigu des montagnes" dépend de sa gravité. S’il est léger, 1g d’aspirine suffit et si le lendemain l’état est satisfaisant le sujet peut repartir mais en modérant son allure. Si l’aspirine n’a aucun effet, le sujet est alors atteint d’un "mal aigu des montagnes" modéré. Il doit stopper sa progression et redescendre ; s’il continue, son état peut s’aggraver. Il doit se reposer et reprendre sa marche seulement si son état s’améliore. Il existe aussi le "mal aigu des montagnes" dit sévère. Il faut impérativement descendre et prendre des médicaments seuls les corticoïdes sont efficaces. Si l’état ne s’améliore pas il est alors utile de placer le sujet dans un caisson hyperbare. A une pression de à 220 mbars, la personne perd 2500 à 3500 m d’altitude (selon l’altitude de départ) ce qui entraîne une guérison immédiate de Mal Aigu des Montagnes. LA PREVENTION Il existe 3 règles d’or de la progression en altitude : [(1 NE PAS MONTER TROP VITE TROP HAUT 2 MONTER SUFFISAMMENT HAUT POUR S’ACCLIMATER 3 NE PAS RESTER TROP HAUT TROP LONGTEMPS)] Prévenir le Mal Aigu des Montagnes ou ses complications impose une acclimatation à la haute altitude prudente : nous recommandons de ne pas progresser de plus de 500 mètres de dénivelé par jour au delà d’une altitude de 3 500 mètres. La première chose à ne pas faire est de vouloir monter tout de suite le plus haut possible. En effet, il ne faut pas perdre de vue que l’acclimatation à l’altitude se fait de façon progressive et il ne faut donc pas hésiter à allonger les périodes de marche d’approche. Ainsi "se hâter lentement" permet de "monter plus haut". Toutefois, l’altitude atteinte doit être suffisante pour déclencher les mécanismes d’acclimatation. Si on veut réussir un 7000, idéalement le camp de base (ou camp d’acclimatation) devrait être situé à 5000 m ; en deçà, l’altitude atteinte n’est pas suffisante et ne permet pas d’envisager une ascension dans les meilleures conditions possibles. D’autre part, il ne faut pas rester trop haut trop longtemps : L’homme n’est pas fait pour vivre en permanence au delà de 5500 m, même les Sherpas vivent à des altitudes inférieures. Ainsi, les alpinistes de haut niveau, lors de leurs ascensions spectaculaires, mettent en oeuvre ces conseils au travers d’une préparation minutieuse. Utilisation du Diamox en prévention : Le Diamox ® (Acetazolamide) a fait la preuve d’une efficacité réelle dans la prévention du Mal Aigu des Montagnes. A raison d’un demi comprimé de 250 mg matin et soir 48 heures avant le départ et pendant toute la course, ce médicament retarde l’apparition du Mal Aigu des Montagnes. Son action diurétique diminue la pression du liquide céphalo-rachidien. De plus, l’élimination accrue des bicarbonates ramène plus rapidement le pH sanguin à la normale, chez les sujets présentant une alcalose gazeuse. Mais il faut insister sur la survenue d’effets secondaires désagréables, (dysesthésies, fatigue anormale liée à la déshydratation) et de complications chez des certaines personnes (allergie aux sulfamides, crise de colique néphrétique, infection urinaire). Ce médicament doit être prescrit par un médecin qui s’assurera de l’absence de contre-indications. LES CONTE-INDICATION A UN SEJOUR EN ALTITUDE Contre-indications formelles à un séjour en altitude de 2500 m • maladie cardiaque non stabilisée • insuffisance respiratoire chronique • certaines maladies sanguines, • affections psychiatriques graves Contre-indications relatives à un séjour en altitude de 2500 m • grossesse dans le premier et le troisième trimestre • maladie cardiaque stabilisée • bronchite chronique • enfant de moins de 18 mois • toutes les maladies nécessitant une surveillance régulière (diabète) asthme déclenché par le froid ou l’effort


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Mal Aigu des Montagnes au Thorung La
Dr Samuel Gaillard. Thèse de doctorat en Médecine. Faculté de médecine. Université de Genève (...)

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