L’Hindouisme, historique, textes, panthéon, croyances, sectes.

vendredi 6 mars 2009
par Consul Honoraire du Népal en France
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L’Hindouisme

 

 

 

1. L’évolution vers l’hindouisme

 

1.1. La propagation de l’hindouisme

 

L’expansion du brahmanisme et, quelques siècles plus tard, de l’hindouisme (entre –II et +VI), suivait de près l’aryanisation pour gagner l’Inde entière. Le syncrétisme par rapport aux éléments populaires a joué un grand rôle dans le succès des missionnaires face aux résistances des traditions en usages. Les luttes avec le bouddhisme marquent assez fortement les premiers siècles. A partir des Upanisad, les éléments spéculatifs évoluent en même temps que la religion progresse vers l’est et le sud du pays.

 

Le passage du brahmanisme à l’hindouisme est imperceptible. En fait, « hindouisme » est le nom pris par la religion brahmanique après la période védique. Le terme de brahmanisme marque à la fois l’attachement à la croyance au Brahman et le rôle important joué par la caste sacerdotale. Hindouisme est un autre nom qui nous est parvenu par le truchement des musulmans.

 

Il y eu des contacts fructueux avec l’islam dès avant la conquête du début du VIII siècle. Malgré la violence des invasions, à partir du XIII siècle les deux religions se rapprochent, la tolérance foncière de l’hindouisme lui permettant de saisir les ressemblances plus que les divergences cependant plus nombreuses.

 

1.2. Evolutions

 

Indra garde sa popularité, mais le dharma est plus puissant que lui. Par contre, Visnou et Siva obtiennent une position exceptionnelle et les divinités féminines commencent leur carrière spectaculaire.

 

La notion de dharma se substitue à celle de rta. Au niveau des upanisad et du bouddhisme, les notions de karman et de samsara servent de plaque tournante au changement qui se produit alors dans l’attitude religieuse de l’Inde. La séquence avidya-karman-samsara, l’équation existence = douleur, l’interprétation de l’ignorance en tant que sommeil, rêve, ivresse ou captivité, tout cela était unanimement accepté dans les différentes philosophies. Les 3 darsana solidaires du brahmanisme, Vedanta, Samkhya et Yoga, ainsi que le bouddhisme, s’articulent autour de ces principes.

 

La religion devient une affaire personnelle et non plus sociale. Une grande innovation est l’apparition d’une catégorie d’hommes rompant tout lien social, les renonçants, détachés de toute possession et allant seuls sur les chemins, uniquement préoccupés de spiritualité.

 

Les actes bons comme les actes mauvais enchaînent leur auteur. Ainsi la crainte d’inexactitude rituelle est remplacée par la crainte d’une transgression morale, beaucoup plus subtile et difficile à éviter, ou par d’une impureté rituelle qui relève à la fois de la magie et de la morale. L’idée de pureté et d’impureté domine le brahmanisme. L’impureté peut entacher les phénomènes les plus divers, il existe de très nombreux et très variés interdits. La purification s’impose dans les cas d’infraction.

 

1.3. Les textes

 

A part les Upanisad anciennes, tous les autres textes religieux et philosophiques ont été composés après la prédication du Bouddha. Ils relatent cependant souvent des traditions anciennes, faisant qu’il est impossible d’établir la chronologie précise des idées philosophiques. L’enseignement alterne des périodes produisant des textes formés de phrases concises (sutra), avec d’autres périodes produisant des « commentaires » sur ces textes.

 

La grande source de renseignement touchant le brahmanisme est l’immense épopée du Mahabharata. Une seconde épopée, la Rama-yana, narre les aventures de Rama. Elle fait le quart du volume du Mahabharata. D’autres épopées, moins importantes, existent aussi. Les puruna (« récits d’autrefois ») s’inscrivent dans cette ligne épique.

 

Les recueils philosophiques sont répartis en 6 branches ou darsana (« vues sur la Réalité »).

 

Les tantra (« livres ») sont rédigés à partir du +VI siècle jusqu’à nos jours. Ils mettent l’accent sur les rites et formules efficientes propres à chaque secte.

Les agama (« tradition ») sont des recueils de pratiques religieuses extérieures aux traditions védiques, plutôt de tradition sivaïte.

Du côté visnouite, on retrouve les samhita (« collection »).

Le terme tantra s’applique plutôt aux textes célébrants la sakti. Les puruna relatent les légendes et traditions souvent communes à tous les milieux.

 

2. Le Mahabharata et la Bhagavadgita

 

2.1. Le texte

 

Avec ses 90 000 vers et 18 chapitres, le Mahabharata, « La grande geste des Bharata », est la plus longue épopée de la littérature universelle.

 

Le poème épique était achevé entre le -VII et le -VI, et a pris sa forme actuelle entre le –IV et le +IV. Le récit central y est entrecoupé de légendes, considérations philosophiques et d’enseignements religieux.

 

Le sixième chant contient le plus fameux épisode de l’épopée : c’est le Bhagavadgita. Le thème principal est le conflit de deux clans du nord-ouest de l’Inde, au sujet de la souveraineté d’une ville. Il contient le récit d’une guerre monstrueuse, qui fut décidée par Brahmâ, afin de soulager la terre d’une population qui ne cessait de se multiplier. C’est la description de la fin du monde, suivie de l’émergence d’un monde nouveau.

 

Le poème a une structure eschatologique : bataille gigantesque entre les forces du « bien » et du « mal », destructions à proportions cosmiques par le feu et l’eau, résurgence d’un monde nouveau et pur. On trouve de grandes similarités avec le mythe du Ragnarok des anciens germains, et les mythes eschatologiques zoroastriens, mais le Mahabharata enrichi énormément la tradition indo-européenne archaïque.

 

Enfin, contrairement aux darsana ou aux spiritualités plus tardives, comme le tantrisme, qui s’adressaient surtout à une élite, les messages du Mahabharata et surtout de la Bhagavadgita s’adressaient à toutes les catégories d’hommes et encourageait toutes les vocations religieuses.

 

2.2. Eléments religieux

 

Essentiellement, on peut dire que le poème (et surtout la partie Bhagavadgita) enseigne l’équivalence du Védanta, du Samhya et du Yoga., établit la parité des trois « voies » (activité rituelle, connaissance métaphysique et pratique du yoga), valorise et assume l’historicité de la condition humaine, et enfin proclame la supériorité d’une quatrième « voie » sotériologique : la dévotion pour Visnu (-Krisna).

 

Le Mahabharata présente Visnu-Krisna en tant qu’Être Suprême. Il est la réalité ultime, il gouverne aussi bien la création que la destruction des mondes. Il est au-delà du bien et du mal. Shiva est son aspect négatif, et Vishnu-Krishna l’aspect positif, créateur. Visnu-Krisna n’est pas seulement le Créateur et le Seigneur du monde, il resanctifie par sa présence la Nature entière, par les côtés positifs et négatifs, créations et destructions. Il continue à être présent et actif dans le monde. Ces aspects le rapprochent de Yahvé.

 

2.3. Le détachement

 

L’essence de la doctrine révélée par Krisna tient dans la formule sommaire : « comprends-Moi et imite-Moi ! ». L’homme trouve le sens de sa vie historique et conjointement obtient la délivrance en comprenant ce que Krisna est et ce qu’il fait. En premier lieu, l’homme doit agir, l’inaction seule ne mène pas à la perfection. Krisna se révèle donc pour servir de modèle, dans son aspect paradoxal. Il crée continuellement le monde au moyen de sa prakrti, mais cette activité incessante ne l’enchaîne pas : il n’est que le spectateur de sa propre création. Il faut donc « renoncer au fruit de ses actes ». En y renonçant, l’homme transforme tous ses actes, quel qu’ils soient, en sacrifice. L’homme d’action, s’il se détache de ses actes et de leurs résultats, peut se soustraire des conséquences de sa participation à la vie du monde (les karman), tout en continuant à agir. Cette théorie du renoncement est présentée dans la Bhagavadgita. Elle eu un grand succès, car il n’était plus nécessaire de se retirer du monde (vie sociale, famille, …) pour espérer à la délivrance. Pour les anciennes voies de délivrance, le détachement du monde, voir la négation de la vie humaine en tant que mode d’exister dans l’Histoire, était une condition sine qua none. Le salut présupposait un acte de rupture : la dissociation du monde, lieu de souffrance et prison entassée d’esclaves. Elles avaient dévalorisé religieusement le monde ainsi que le Dieu Créateur, et renforcé le Soi. La Bhagavadgita a resacralisé le Cosmos, la vie universelle et même l’existence historique de l’homme.

 

 

3. Les divinités

 

Héritier du védisme, le brahmanisme lui a emprunté de façon assez libre la majeure partie de ses divinités. Avec l’épopée et certaines Upanisad relativement tardives se précise un mouvement tendant à subordonner la multitude des êtres divins à une triade Brahmâ (créateur), Visnu (stabilisateur) et Siva (destructeur). Cette triade porte le nom de trimurti, les « trois formes » du divin.

 

Brahmâ, personnification masculine de l’ancien Brahman neutre védique deviendra vite secondaire, et les sectes accorderont la suprématie à Visnu ou Siva. Visnu et Siva ne se présentent pas seuls, ils ont tous deux leur famille, leurs serviteurs, en somme une sorte de cour analogue à celle des souverains de l’époque. Chacun de ces deux dieux sont présentés tantôt comme simplement supérieur aux autres, tantôt comme la forme ultime de la Personne divine manifestée par la diversité des dieux.

 

Les dieux régionaux locaux ont été, suivant leurs caractéristiques, assimilés à Visnu ou Siva, enrichissant au passage les légendes des deux dieux principaux.

 

Le principe des avatars, plus ancien que le visnouisme, présente l’avantage de satisfaire d’une part les tendances monothéistes d’une élite éprise de spéculation et de mystique, et le polythéisme de la foule attachée à la diversité des aspects du divin.

 

La loi du samsara régit les dieux comme les autres sortes d’êtres.

 

3.1. Visnu

 

Visnu est présenté comme une divinité essentiellement bienveillante et statique. Il est le protecteur de l’univers : quand l’ordre (dharma) chancelle, il s’incarne dans des avatars pour le rétablir. Il a donc un rôle de stabilisateur, mais a aussi absorbé les aspects de démiurge de l’ancien Brahman et de guerrier et chef d’Indra. On invoque Visnu sous d’innombrables appellations, désignant chacune l’une de ses particularités ou la forme sous laquelle on l’adore dans tel ou tel sanctuaire. Visnu, quoique plongeant ses racines dans la traditions védique, se trouve au croisement d’une quantité de légendes et de croyances diverses. Entre autres symboles, on retrouve le disque, symbole solaire, ou le lotus, signe de fécondité.

 

Laksmi est le modèle des épouses et la déesse bienfaisante par excellence, peut-être une ancienne déesse agraire. Sri désigne Fortune et Beauté. Les deux pans ont été associés à une assez haute époque. Sri-Laksmi est la femme de Visnu, mais même là où elle est particulièrement honorée, elle reste subordonnée à son époux, et est très rarement son égal. Elle est également l’incarnation de sa sakti.

 

3.1.1. Les avatars de Visnu

 

Les trois premières incarnations de Visnu sont sous forme animale (poisson, tortue, sanglier), dès la Satapatha Brahmana et dans le Mahabharata. L’iconographie gardera l’image d’un géant à tête de sanglier portant le monde qu’il vient de sauver dans ses bras. La quatrième incarnation est sous la forme d’un homme-lion, pour combattre une nouvelle fois un démon. Les avatars suivant sont des grands héros : le prince Parasurama (qui débarrassa le monde de la caste des guerriers), Rama, Krishna, Buddha et Kalkin.

 

Le septième avatar Rama est très populaire. L’épopée du Ramayana lui est dédiée. Son incarnation a pour objectif de débarrasser le monde du démon Ravana. Les textes les plus anciens le présentent comme un demi dieu, les plus récents comme une manifestation de Visnu. La figure de Rama ne se sépare pas de celle de son épouse Sita, qui sera assimilée à Sri-Laksmi.

 

Krisna, héros guerrier du Mahabharata, est l’avatar le plus célèbre de Visnu. Les purana reviennent et insistent sur son rôle de fondateur de ville. Le personnage de Krisna remonte à une antiquité assez haute, les plus ancienne Upanisad, mais il n’était évidemment pas lié à Visnu. Dans la Gita il est aussi l’ami sûr, la seule protection efficace que l’homme rencontre dans son effort pour s’arracher au samsara. Cet aspect s’imposera petit à petit : Krisna devient le berger des âmes. Radha, l’amante préférée de Krisna, est considérée dans certains textes comme l’incarnation de Laksmi. Les amours de Radha et Krisna fournirent à partir du +X° siècle le thème sur lequel la poésie et la miniature indiennes ont inlassablement brodé. Ce côté érotique du culte de Krisna s’accentuera avec le temps.

 

L’incarnation en Buddha n’est qu’une tentative, de la part de l’hindouisme, d’intégrer son adversaire le bouddhisme.

 

Le dernier avatar, Kalkin, appartient encore à l’avenir. Il doit apparaître à la fin du présent âge du monde, monté sur un destrier blanc.

 

3.2. Siva

 

Siva a lui aussi des origines védiques, il est la synthèse tardive de plusieurs divinités anaryennes, ce qui lui a conféré un aspect ambigu.

 

On le révère sous des aspects négatifs (Hara, le Ravisseur ; Kala, le Temps et la Mort, …). Il est représenté les yeux rouges, avec un collier de crânes. Dans la trimurti, on lui assigne le rôle de destructeur. Symétriquement, il est le bienfaiteur, le protecteur. Des légendes le montrent comme un tueur de démons. Il est le pilier cosmique, soutien de l’univers, dont on ne connaît ni le début ni la fin. Les parties les plus anciennes du Mahabharata le présentent aussi comme le prince des ascètes, le grand yogin. Il possède au plus haut point la maîtrise des forces vitales (tapas). Enfin, il est le dieu même de la vie, symbolisé par le linga, signe phallique, mais aussi signe d’infinitude.

 

Siva se manifeste sous huit formes principales : Rudra, l’ancien dieu védique, Bhairava l’Effroyable, Ugra le Violent, Isvara le Seigneur, Mahesvara ou Mahesa le Grand Dieu, Pasupati le Maître des troupeaux, Sarva Celui qui blesse, et Bhava l’Existence personnifiée. Il revêt également huit formes matérielles : feu, eau, terre, air, éther, soleil, lune, et celle du sacrifiant lui-même. Siva a une série de sakti dont on considère la principale comme son épouse : Devi, la Déesse, ou Mahadevi, la Grande Déesse, Kali, la Noire, Durga, l’Inaccessible, Uma, la Tranquillité. Son lieu de séjour principal est la montagne Kailasa dans l’Himalaya tibétain, symbolisée par le temple d’Ellora.

 

3.3. Sakti

 

La théorie des vyuha est plus tardive que la notion d’incarnation des déesses féminines dans les épouses des héros. Elle développe le principe des divinités féminines efficientes, les shakti. La notion de sakti vient à l’origine du sivaïsme, puis a ensuite gagné le visnouisme. Sakti est un nom d’action féminin tiré d’une racine signifiant « pouvoir ». C’est donc le pouvoir en action du Dieu.

 

L’Etre Absolu, Un en son essence et qui est le Tout, est caractérisé par une inactivité essentielle. Il délègue sa force créatrice, personnifiée en tant que partie féminine de lui-même. C’est cette force efficiente qui crée l’univers et assume toute l’activité divine. A l’état suprême, le dieu et sa sakti ne font qu’un, la distinction se produit au moment de la création : c’est la sakti qui émet les 6 attributs divins. Ces sous formes émanées ont également chacune leur sakti particulière.

 

La sakti Bhairavi, inséparable de Bhairava, ne fait qu’un avec le Seigneur, mais elle est le pouvoir actif du dieu à qui il appartient de procéder à la Création. Leur union produit aussi la Création. Celle-ci se présente d’abord comme une création de mots, avant de devenir celle des objets extérieurs désignés par eux.

 

3.4. Les autres dieux et la cosmologie

 

Indra, Agni, Yama, Surya, … existent toujours dans l’hindouisme, mais avec un rôle et une importance moindres. De fortes tendances syncrétistes, qui assimilent les dieux mineurs locaux à des divinités plus importantes, expliquent l’aspect composite de la plupart des dieux et déesses hindous.

 

4. Croyances

 

Grâce à la théorie de l’ahimsa (non-violence) les offrandes animales ont été alors remplacées par des offrandes végétales. L’ahimsa est motivée par la croyance en le samsara : les renaissances peuvent s’effectuer à n’importe quel échelon des êtres vivants, il faut donc tous les respecter.

 

Les asrama sont les divers stades de vie :

- Brahmacarin est l’état de chasteté où vit le jeune brahmane étudiant le Veda

- Grhastha est le stade où, les études finies, le brahmane a pris femme, s’est installé et engendre des fils

- Vanaprastha est le stade où, ses fils étant élevés, le brahmane se retire en ermite, mais peut encore recevoir des amis

- Sannyasin est l’état des renonçants, les moines mendiants, itinérants ou non

 

4.1. La cosmologie

 

Le monde est indestructible, et organisé autour d’un centre, le mont Meru. Il existe une région céleste (dyaus), où habitent les devas. Entre les deux, l’atmosphère.

 

Le monde s’est créé à partir de sa propre substance, et pourra y être réabsorbé. D’après les Lois de Manu, un « Jour de Brahmâ » (kalpa) est une période extrêmement longue subdivisée en mille âges de 4 phases, depuis l’âge d’or jusqu’à l’âge de fer. A la fin de chaque âge, toute la création est résorbée pour reparaître lors de la nouvelle création. Les dieux renaissent sous une autre forme ; la fonction persiste, il y a toujours un Indra ou un Varuna, mais le titulaire change. Seul Brahman échappe à cette impermanence. Le premier âge est pur : les hommes vivent longtemps, la vertu est partout. Actuellement, nous vivons un quatrième âge, avec seulement ¼ de la vertu primordiale, le dernier âge avant la grande résorption où tout disparaîtra (mahapralaya). Les rsi sont des sages mythiques qui au début de chaque ère du monde « voient » les Veda et les retransmettent aux hommes. A l’origine ils étaient sept, mais le titre s’est étendu à toute une catégorie de renonçants illustres de la littérature épique.

 

Le Mahabharata présente le monde comme né d’un œuf, l’œuf de Brahmâ. Ce monde renferme dans son hémisphère supérieur les sept étages célestes dont le plus haut est celui de Brahman ; l’hémisphère inférieur est également subdivisé en sept parties formant les mondes souterrains (patala) dont le premier niveau contient l’enfer proprement dit (naraka). La terre est un disque plat avec pour centre le mont Meru autour duquel s’ordonnent les continents.

 

4.2. Principes Spirituel et Naturel

 

La tradition de l’école Samkhya, qui est en arrière plan de la Bhagavad-Gita, enseigne que deux principes, spirituel et matériel, coexistent de toute éternité. Le principe Spirituel, conscient mais inactif, se fragmente en une infinité d’individus qui ne se distinguent que numériquement. Le principe matériel, ou Nature, est Un, actif mais dépourvu de conscience. Il est constitué de 3 qualités : pure luminosité, pure activité, et la troisième n’étant que ténèbre et inertie. En équilibre pendant le temps du pralaya, la proximité d’un esprit détruit cette balance. La Nature émet alors toute la création.

 

Pour le Vedanta moniste, seul existe le principe spirituel. Tout le reste n’est que magie et illusion, simple création de l’esprit. Cette tradition est plutôt restée limitée aux milieux spéculatifs.

 

4.3. Eschatologie

 

Parallèlement au samsara, des textes parlent d’une âme qui quitte le corps à la mort. Cette âme est jugée par Yama qui décide de sa rétribution, en fonction des actes passés. L’âme pure monte au ciel prendre le rang d’ancêtre (pitr), l’âme alourdie par le poids de ses fautes tombe en enfer (naraka). Récompenses et châtiments ne durent qu’un temps, puisque l’âme doit renaître.

 

Même si elles ne peuvent délivrer dans l’immédiat, les bonnes œuvres ont le privilège de conditionner une renaissance plus heureuse. Mais pour véritablement se libérer du cycle du samsara, il faut préférer le non-agir, en opposition à la Bhagavad-Gita qui insiste sur la nécessité de remplir son devoir propre.

 

A la délivrance par la gnose ou les actes, qu’ils soient rituels ou ascétiques, se superpose et fréquemment se substitue la délivrance poursuivie dans le chemin de la dévotion envers un Seigneur suprême, en l’occurrence Visnu ou Siva. L’exercice de la religion, de la dévotion (bhakti), est maintenant vu comme une participation au divin : le fidèle accède à Dieu par amour. Les cultes de dévotion auront une popularité croissante. Les barrières des castes tombent, du moins théoriquement.

 

4.4. Tantrisme

 

Le tantrisme apparaît comme un système de vie et un chemin vers le salut. Il se subdivise en deux voies. L’une se centre sur la notion de kundalini, symbole de l’énergie cosmique, représentée sous la forme d’un serpent lové au bas de la colonne vertébrale dans un cercle (shakra). A travers 4 autres shakra assignés à certaines parties du corps, la kundalini doit, une fois excitée, progresser jusqu’au sixième shakra, au sommet du crâne, où siège Siva. Elle s’unit à lui, ce qui symbolise l’union mystique, ineffable et bienheureuse. Le seconde voie, réservée à une élite car le risque de se perdre est très grand, manifeste des tendances nettement érotiques : on ne se délivre de ses passions qu’en les assouvissant. A cette voie se mêle une tradition magique.

 

La méditation Yoga et la récitation des mantra a une importance particulière dans les milieux tantriques.

 

Le Siva-sutra, texte antérieur au IX siècle, montre comment le milieu tantrique a développé tout une mystique autour des lettres. Chaque lettre est présentée comme une sakti, une part de l’énergie créatrice de Siva. L’alphabet finit par symboliser la création toute entière.. Comprendre et s’approprier cette connaissance devient une voie vers la délivrance, celle qui mène au son suprême (sabda), symbole de Siva.

 

 

5. Le culte

 

Pour la plupart la primauté d’un Dieu suprême reste une notion très théorique, et en pratique continue à vénérer la multitude des divinités traditionnelles.

 

Les temples se développent : de simple abri qu’ils demeuraient encore au temps de l’épopée ancienne, ils deviennent de vastes ensembles de bâtiments entourant la cellule initiale. Ils servent d’habitation aux dieux dont ils abritent les statues. La cellule centrale est réservée au dieu principal de l’endroit.

 

 

De nombreuses fêtes rituelles rythment le calendrier indien. Les fêtes célébrées à date fixe, déterminées par les lunaisons, s’accompagnent plus ou moins de divertissements profanes. Par exemple, il semble que les débuts du théâtre indien ont coïncidé avec des fêtes religieuses où il y avait des représentations des épopées.

 

L’astrologie joue un rôle très important dans le domaine quotidien, religieux ou profane. L’astrologue était le « scientifique » de l’époque. Ils choisissaient les emplacements des temples, les moments favorables pour les mariages, etc… D’autres mantiques coexistent en parallèle à l‘astrologie.

 

Même si la magie de protection semble admise, les autres espèces de pratiques sont souvent condamnées par les textes, bien qu’au niveau populaire la magie ait connu une faveur considérable.

 

5.1. Sacrifices

 

Les sacrifices quotidiens n’ont nullement disparu : oblations dans le feu, dons de nourriture au brahmanes, récitations du Veda se maintiennent à travers les siècles. L’upanayana garde aussi une certaine importance.

 

Les sacrifices humains ont dû être pratiqués anciennement, la période védique les ayant répudié, bien qu’ils soient encore attestés dans le Mahabharata. Les offrandes animales ne se pratique guère que dans les milieux sivaïtes et surtout shaktiques, et encore les victimes sont souvent remplacées par des figurines à leur image.

 

5.2. Rites et pratiques

 

Les statues divines ne sont pas de simples images, elles reçoivent une parcelle divine qui les anime. Elles sont ensuite entretenues par un culte journalier, la puja, des processions, …

 

La puissance rituelle et magique de la parole a gardé toute son importance dans le Mahabharata et l’hindouisme en général. La pratique de la méditation, échappant aux cercles du yoga où elle avait d’abord été pratiquée, se présente comme la base essentielle de l’adoration tantrique et elle a gagné à peu près toutes les formes spiritualisées de l’hindouisme. La récitation sans fin de formules se répand. Dans le tantrisme, la formule finit par être le dieu même et la récitation obstinée de cette formule une sorte de prise de possession, d’accès à la divinité. L’exemple typique est celui de la syllabe om, identifiée entre autres au Brahman impersonnel ou au Veda.

 

Bien que le suicide soit interdit par la tradition hindoue, certaines morts volontaires entrent dans le cadre de rites expiatoires importants (suicide de la veuve sur le bûcher funéraire de son époux, …). Les rites d’expiation laissent supposer un système différent que la théorie du karman. En effet, dans cette dernière un rite expiatoire ne ferait que superposer une nouvelle trace indélébile au dessus de celle de la faute, et non l’effacer. Ce principe d’expiation directement du védisme où il s’agissait de réparer une faute rituelle.

 

 

6. Les sectes

 

Les groupes religieux s’organisent en sectes, très nombreuses et très variées. Chaque secte effectue un choix dans la tradition. Tout en reconnaissant les textes sacrés admis par l’ensemble du brahmanisme, elle élit tel ou tel texte particulier qui lui tiendra alors lieu de livre saint par excellence. Elle choisi également une divinité d’élection à laquelle s’adresseront les hommages, essentiellement Visnu ou Siva. Les religions sectaires ont emprunté aux darsana leur appareil spéculatif. Les milieux vaisesika, nyaya et yoga, tout d’abord athées, furent plutôt sivaïtes. La mimamsa demeura plus proche de la tradition védique. Le Vedanta et le Samkhya, d’abord athées également, furent adoptés indifféremment par les sectes visnouites ou sivaïtes qui les adaptèrent à leurs croyances propres. Les sectes ont généralement un mantra spécifique.

 

L’apparition d’une secte se produit sous l’impulsion d’un maître dont l’enseignement (i.e. sa façon personnelle d’interpréter les textes sacrés) devient la nouvelle orthodoxie. Beaucoup de ces nouvelles visions se veulent réformistes : elles s’attachent à vouloir rendre la religion plus accessible, mieux en phase avec le monde, à introduire une nouvelle rigueur, … Les sectes luttent contre la tendance traditionaliste qui fige et sclérose les religions. Les élans mystiques qui caractérisent les religions sectaires revivifient la religion.

 

6.1. Le sivaïsme

 

Les sectes sivaïtes semblent plus nombreuses que les sectes visnouites. Le sivaïsme semble également avoir des racines plus anciennes. La marque distinctive des fidèles, quelle que soit la secte, consiste en trois ligne horizontales barrant le front dans toute sa largeur, symbolisant pati, pasu et pasa (seigneur, âmes, lien).

 

Dans le sivaïsme la tendance à l’universalisme est plus importante que partout ailleurs. Siva est le Tout, et il n’y a aucun inconvénient à l’honorer sous tel ou tel nom ou aspect. Les sectes privilégient dans le culte le côté positif de Siva, sans néanmoins ignorer l’autre aspect de la divinité.

 

Chez toutes les sectes domine une vision des rapports de Dieu à l’homme : le Seigneur, divin berger, dans son immense compassion, aide le bétail, c’est-à-dire les créatures, à se dégager du lien du samsara.

 

Les principales sectes sivaïtes sont :

 

- Pasupata, les fidèles de Pasupati. Ils se caractérisent par l’importance extrême qu’ils accordent à quelques grands principes : la cause (le Seigneur), l’effet (de nature matérielle, mais aussi les âmes), et la fin de la peine (dukhanta, i.e. la délivrance). Ils sont assez proches des pancaratra visnouites.

 

- Les lakulisa pasupata, qui dérivent des pasupata mais en suivant l’enseignement particulier de Lakulin qui vécu au –II siècle et qui aurait été une incarnation de Siva.

 

- Les kapalika portent des colliers de crânes et mendient, avec bol taillé également dans un crâne. Ils sont plus une catégorie d’ascètes sivaïtes qu’une secte proprement dite.

 

- Les siddha sont principalement des yogins ne se différenciant guère des kapalika. Ils pratiquent principalement le Hatha Yoga. Le fondateur du mouvement se nomme Goraksa et est vénéré dans quelques temples.

 

- Les saiva-siddhanta se veulent les détenteurs du sivaïsme le plus authentique et épuré. Siva est Pasupati, le seigneur du troupeau que sont les âmes. Dans l’âme libre et consciente réside l’énergie spirituelle (citsakti), mais un triple lien fait d’ignorance, du poids des actes antérieurs et du voile de l’illusion (maya, cause matérielle du monde) l’attache à son corps dépourvu de conscience. La grâce du Seigneur (anugraha) peut seule apporter la libération en détruisant ce lien, et l’âme retournée à son état d’absolue pureté s’identifie à Siva. L’originalité de l’école réside dans la doctrine de l’immobilité absolue du Seigneur : la création est laissée à la charge de la sakti, son pouvoir éternel qui lui est coexistant. La shakti, puissance de Siva, éternelle comme lui, forme un degré intermédiaire entre Lui, pure conscience, et la Nature purement inconsciente qu’elle façonne.

 

- Les virasaiva se caractérisent extérieurement par le port constant du linga dont ils gardent une image à leur cou. Les 5 maîtres légendaires représentent chacun l’une des 5 formes de Siva (murti) correspondant aux 5 éléments. Le plus haut Brahman (c’est-à-dire Siva) a trois caractères qui forment son essence (sthala) : l’existence, la conscience et la béatitude. De cette essence suprême le monde découle et s’y résorbe. Ses premières manifestations sont la Nature (Prakrti) et les âmes individuelles (purusa). C’est la sakti, le pouvoir de Siva, qui scinde le sthala, à laquelle correspond la bhakti humaine, amour-dévotion qui ramène l’âme à son principe premier et éternel, le Seigneur.

 

6.2. Le saktisme

 

Le mouvement sakta s’est manifesté dans toutes les obédiences religieuses de l’Inde, mais plus particulièrement dans le mouvement sivaïte. Du XIV au XVIII siècle l’abondance des sectes et sous sectes est considérable.

 

Le saktisme emprunte nombre de ses doctrines au Samkhya mais, d’un point de vue mystique et pratique, c’est sur le Yoga qu’il prend appui. La déesse Durga syncrétise, tout comme Siva, des aspects opposés. Elle est souvent vénérée comme une déesse secondaire, mais dans certaines sectes où on l’identifie à la sakti, elle devient la seule voie d’accès à l’Absolu, et son culte est alors prépondérant, masquant le dieu lui-même.

 

Dans le sivaïsme du Kasmir, elle prend une importance considérable. Les cultes mystiques sakta se prévalent de leur attachement au Veda. Ils pratiquent l’initiation sur le modèle de l’upanayana, et le rôle du Guru y est énorme.

 

On retrouve aussi les cakra, représentés comme une suite de lotus superposés dans le corps. Dans le cakra inférieur (muladhara) réside l’Absolue sous la forme du linga et autour de lui s’enroule la déesse, figurée par un serpent (la kundalini). Le yoga l’éveille et la fait progresser de cercle en cercle jusqu’au sommet du crâne où elle s’unit à Bhairava, le suprême Siva.

 

C’est dans les spéculations sakta que la théorie mystique du son a trouvé sa pleine expression (voir la théorie de la Création et l’importance des mots). Le saktisme a aussi contribué à répandre les yantra et mandala.

 

Les fidèles sakta se partagent en 2 groupes :

 

- Les daksinacarin, « ceux qui suivent la voie de droite », ont banni les sacrifices sanglants et privilégient l’aspect spéculatif. Ils semblent avoir subi une réforme plus ou moins en liaison avec l’enseignement de Sankara.

 

- Les vamanacarin, « ceux qui suivent la voie de gauche », privilégient l’aspect rituel dont les modalités varient beaucoup en fonction des diverses sortes d’adeptes. Les offrandes étaient végétales et animales, et il semble, assez tardivement, parfois humaines. On retrouve un côté à la fois sanglant et érotique. La déesse est symbolisée par la matrice. Le culte s’adjoint de pratiques magiques.

 

6.3. Le visnouisme

 

Le visnouisme se manifeste initialement suivant 2 courants :

 

- Vaikhanasa, qui retient de nombreux éléments du brahmanisme védisant Pancaratra, qui, sans répudier le Veda, développe à partir du +III siècle une technique religieuse propre. Il s’attache à la théorie des vyuha et les cultes sont réorganisés en une adoration plus formelle du Seigneur.

 

- Un courant populaire se développe parallèlement, adressant son culte à Krisna, tout d’abord à l’enfant puis au jeune dieu protecteur des troupeaux.

 

A partir du XV siècle, au Nord, les sectes visnouites brillent d’un éclat très supérieur à celui des sectes sivaïtes. Le culte est alors presque exclusivement krishnaïte.

 

Même si le sivaïsme a aussi connu la bhakti, l’origine de son développement semble plutôt visnouite et tout spécialement krishnaïte. Le culte des statues en particulièrement important dans le visnouisme.

 

Les alvar sont les poètes mystiques visnouites, dont les œuvres forment la base de la tradition visnouite en langue tamoule.

 

7. L’Advaita Vedanta

 

Le Vedanta peut être vu comme la philosophie qui se réfère aux upanisad, bien qu’une seule d’entre elles soit directement liée au Vedanta (Vedantasutra).

L’Advaita Vedanta est probablement la mieux connue des écoles du Vedanta. Advaita signifie littéralement « pas deux », c’est une théorie de la non-dualité. Les principaux penseurs de cette école furent Gaudapada, Mandana Misra et surtout Adi Sankara (788-820).

 

7.1. Avant Sankara

 

Gaudapada identifie et nomme son Absolu Brahman, et l’associe à la syllabe sacrée Om. Il identifie les états de rêve et de veille pour les rendre aussi imaginaires l’un que l’autre. Le Brahman est défini selon une via negativa pour montrer qu’il ne fait pas partie de l’expérience concrète d’êtres empiriques.

 

Pour Mandana, il n’y a pas de pensée sans langage. Il y a une conscience pure en l’Absolu, mais cette conscience est identifiée à la Parole, elle-même unifiée. La pensée empirique est définie simplement comme « le pouvoir de la parole ». Le monde phénoménal n’est que maya, une illusion créée par les individus sous l’influence de l’ignorance originelle qui leur dérobe la réalité du Brahman. La perception empirique des choses est assimilée à une connaissance « erronée ». La parole est le seul pramana à notre disposition pour connaître l’Absolu en attendant que nous puissions le « réaliser ». Le langage ordinaire ne livre qu’une idée des choses (manifestation purement phénoménale et sans réalité propre de la réalité sonore des mots). Le langage des textes sacrés est de même nature que le langage ordinaire. Les phrases de la révélation qui nous parlent du Brahman nous en donnent une idée et non une connaissance expérimentale.

 

7.2. Sankara

 

Son œuvre est surtout constituée de commentaires des upanisads. Le succès de la philosophie de Sankara vient sûrement du sivaïsme alors florissant. En effet, le sivaïsme, plus orienté vers des disciplines de la connaissance que vers les élans du cœur, a trouvé son compte dans le Brahman pur, non qualifié et non relationnel de Sankara. Ultérieurement, Sankara a même été identifié à Siva lui-même.

 

Il affirme la réalité du seul Brahman, tout le reste n’est qu’illusion. Son Brahman est être pur et conscience pure, et non plus parole. Seul ce qui est conscience participe de la réalité du Brahman. La conscience de l’individu est son atman, qui s’identifie donc au Brahman. Le Brahman, en lui-même, n’a aucun « pouvoir » par lequel il se manifesterait dans le monde des phénomènes, il est absent des phénomènes. La connaissance du Brahman n’est donc pas d’ordre phénoménale, mais plutôt une pure identification mystique. La délivrance est une absorption en Brahman.

 

La maya est d’origine cosmique, rapportée à un Usvara, sorte de conscience suprême du monde phénoménal, omnisciente et ordonnatrice du tout. Elle est vide de toute réalité vraie.

 

Les observances rituelles prescrites par les Veda ne concernent que les hommes ordinaires. Les autres doivent abandonner le monde et renoncer à toute pratique autre que la médiation sur le Brahman. Méditation, symboles (Om), via negativa, sont des moyens de décrire et d’avancer vers le Brahman.

 

8. L’hindouisme à la recherche de sa philosophie, de Ramanuja au XVI siècle

 

A cette époque, le grand partenaire de l’hindouisme lors des joutes philosophiques, le bouddhisme, a disparut. L’hindouisme reste totalement fermé à ce qui n’est pas indien, la sclérose qui frappe la pensée est à l’image du conservatisme social de plus en plus renforcé.

 

Avec l’arrivée des musulmans au Xème siècle s’ouvre une ère troublée pour l’Inde. Devant l’ennemi, les philosophies hindoues prennent conscience de ce qui fait leur unité.

 

Ramanuja est né au XI siècle. Il reçu une formation brahmanique classique, vécu une vie traditionnelle avant de devenir renonçant. Il fonda la secte du srivaisnavisme.

 

Les Upanisad et la Gita sont ses sources de connaissances. Il prêcha l’égalité des dévots de Visnu, l’amour pour l’Absolu abolissant toutes les différences de caste, sexe et origine religieuse. Il a réformé les rites dans le sens de la tradition pancaratra. Il affirmait que la délivrance était atteignable dans n’importe quel état de vie.

 

Après sa mort, le srivaisnavisme se scinda en 2 branches, tengalai et vadagalai, dont la principale différence réside sur l’importance à accorder à la parèdre du dieu. De plus, les tengalai accordent une prédominance à la notion de prapatti (abandon à dieu) par rapport à la bhakti traditionnelle.

 

Gangesa fonda vers la fin du XII siècle la Nouvelle Logique (Navyanyaya). Elle contient peu de thèses originales, mais plutôt des développements subtils de théories existantes. Gangesa redéfinie la perception, l’inférence (détachée de la perception), …

 

Madhva est un strict vedantin. Le seul moyen de connaissance du Brahman est la sruti, la Révélation, qui est d’origine ni humaine ni divine. Dieu a « perçu » cette révélation et l’a transmise aux rsi. Madhva défend un dualisme absolu de l’esprit et de la matière. Il affirme que les Veda ne parlent que de Visnu, l’unique Dieu, l’Absolu même. Il pense que les êtres transmigrants ne sont pas tous capables d’accéder à la délivrance. Il y a un enfer éternel pour recueillir les plus mauvais, d’autres sont condamnées à renaître éternellement. Seul une minorité (les sectaires madhvaïtes de Visnu) est promise à la délivrance qui est obtenue uniquement par la Bhakti. Madhva et sa secte partagent leur dévotion entre les deux avatars Rama et Krisna.

 

A la fin du XV siècle, l’enseignement du Guru Vallabha marque un retour vers le monisme absolu autour de la figure du Seigneur Vasudeva-Krisna. Sa secte assimilera son guru au dieu lui-même.

 

Caitanya, savant très érudit (pandit), devint la figure mystique la plus marquante du Bengale et substitua aux notions de dévotion et de complet abandon à Dieu celle plus affective encore de preman, l’amour total et passionné à l’égard de la divinité.

 

 

 

 

 


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